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jeudi 18 mai 2017
Jean-Michel Blanquer : Portrait d’un revenant

Jean-Michel Blanquer est tout sauf un homme nouveau ou un simple technicien de l’éducation. C’est une figure très connue qui revient rue de Grenelle où il a fait carrière pendant 6 ans dans des cabinets de droite, particulièrement ceux de Robien et Chatel. Il revient avec un entourage qui était également au cabinet de Luc Chatel. Avec la nomination de Jean Michel Blanquer rue de Grenelle, les émigrés de la Sarkozie sont de retour.

L’homme de la syllabique

Jean-Michel Blanquer est chez lui rue de Grenelle et depuis longtemps. De 2004 à 2012, il a gravi à toute vitesse, sous des ministres de droite, les échelons qui mènent aux plus hautes responsabilités de l’éducation nationale. Universitaire, docteur en droit, il est aussi un spécialiste de l’Amérique latine. Et c’est peut-être cette qualité qui lui vaut de devenir en 2004 le premier recteur de Guyane, nommé par Jacques Chirac.

En 2006, Jean-Michel Blanquer croise la route du ministre qui reste pour lui un modèle : Gilles de Robien. Il devient directeur adjoint de son cabinet. Il y mène le combat stérile du ministre sur les méthodes de lecture. G de Robien tente d’imposer de force la méthode syllabique aux enseignants. Ce combat est mené au nom de la science. Mais les scientifiques cités par le ministre dénoncent une manœuvre. Finalement G de Robien est remercié. Mais sa manœuvre a nourri le doute des parents envers les enseignants et laisse une trace durable. JM Blanquer n’est pas oublié par son camp : juste avant les élections présidentielles de 2007, il est nommé recteur de Créteil.

Dans l’entourage de Luc Chatel

En 2009, un autre ministre de droite le ramène rue de Grenelle. Il est choisi par Luc Chatel pour devenir directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco), c’est à dire patron des programmes et des moyens d’enseignement de la maternelle au lycée. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance d’une partie de son entourage actuel.

Christophe Kerrero, son directeur de cabinet, était conseiller de Luc Chatel, en charge de l’éducation prioritaire puis des « affaires pédagogiques ». Dans un livre publié en 2016, il se prononce contre la décentralisation comme elle est pratiquée actuellement et aussi contre la notion de compétence qu’il voit comme un concept anglo-saxon étranger à notre culture. Dans un entretien sur ce livre, il dénonce la « décomposition pédagogiste » de l’Ecole. C’est aussi au cabinet de Luc Chatel qu’il croise un autre membre de son entourage actuel : Raphaël Müller.

L’ homme des suppressions de postes

De 2009 à 2012, Jean-Michel Blanquer est le numéro deux de l’éducation nationale. A ce titre, il applique des politiques dont l’Ecole se souvient encore. C’est lui qui organise les 80 000 suppressions de postes d’enseignants. Elles visent en priorité la scolarisation avant 3 ans, qui s’effondre, l’élimination des Rased et de la formation des enseignants. Les néotitulaires sont invités à découvrir leur métier à travers un DVD généreusement distribué par le ministère… Dans tout le pays de nombreuses classes sont fermées, mais particulièrement dans les départements populaires comme le 93.

En janvier 2017, dans L’Express il montre qu’il est encore dans les mêmes dispositions. « On ne doit plus se focaliser uniquement sur le nombre de postes créés, mais sur le nombre d’heures globales disponibles et la présence physique des enseignants dans les établissements… La création de postes pose plus de problèmes qu’elle n’en résout… L’idée est d’avoir un volume horaire garanti à l’échelle nationale en français et en mathématiques et fonctionner ensuite en laissant une autonomie accrue aux équipes pédagogiques pour fixer elles-mêmes la dotation horaire pour les autres matières »…

La période Chatel est aussi le moment où les fonds sociaux destinés aux lycéens pauvres sont divisés par deux et où le budget des classes préparatoires, au recrutement socialement privilégie, est doublé. Toutes ces mesures pénalisent toujours les mêmes : les élèves faibles, ceux des catégories sociales défavorisées.

Pour les pauvres, JM Blanquer imagine les « internats d’excellence », sur le principe d’extraction de leur quartier d’une poignée d’enfants des quartiers populaires « méritants ». Ce dispositif accroit la stigmatisation et les difficultés scolaires des quartiers populaires et s’avère ruineuse pour une rentabilité pédagogique nulle. Lees internats d’excellence disparaissent après 2012.

Il applique les nouveaux programmes de 2008 qui n’ont pas laissé de bons souvenirs aux enseignants. Sa plus grande action pédagogique est l’imposition d’évaluations nationales remontantes à l’école primaire. Un dispositif qui est encore inscrit au programme de 2017. Elles vont faire scandale car « trompeuses ». Leur finalité, découverte plus tard, était d’évaluer chaque enseignant en fonction des résultats des élèves.

Le premier épisode ministériel de JM Blanquer se traduit par un effondrement du niveau des jeunes Français. Sur ces 6 années, 2006-2012, PISA montre une nette dégradation dans toutes les disciplines évaluées. Les évaluations menées par la Depp, à contrario de celles que JM Blanquer dirige à la Dgesco, ne disent pas autre chose.

Les mêmes hommes avec le programme promettent maintenant d’améliorer le niveau en CP et à l’entrée en 6e et cela dès la fin de l’année 2017-2018.

François Jarraud (le café pédagogique)

Les données scolaires du Ministère de l’Education bradées aux GAFAM !

jeudi 18 mai 2017

Initiative personnelle d’un directeur d’administration centrale ou préfiguration d’une nouvelle politique numérique dans l’éducation ?

Un revirement lourd de conséquence vient d’être opéré au ministère de l’éducation nationale : avant la nomination du nouveau ministre, le directeur du numérique pour l’éducation incite clairement les cadres académiques à l’utilisation des outils des grandes multinationales du numérique (notamment les GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) au mépris de la protection de l’identité numérique des élèves et des personnels. Il ignore délibérément les risques évoqués par la CNIL sur le traitement possible des données personnelles et scolaires des élèves (souvent mineurs), données particulièrement sensibles, et qui les suivront longtemps. Le ministère avait jusqu’à présent soutenu une architecture des systèmes d’information garantissant la protection des données personnelles et scolaires des élèves et des personnels. Cet abandon d’une politique nationale cohérente va fragiliser les personnels en les plaçant dans une position déontologiquement discutable, alors qu’ils ne maîtrisent pas forcément les enjeux juridiques complexes de ces questions. Le directeur du numérique encourage ainsi l’ouverture des annuaires académiques et des établissements aux grands fournisseurs de services du Web. Cela, semble-t-il, sans concertation ni au sein de l’administration centrale, ni avec les recteurs, et alors que la présidente de la CNIL déclarait récemment que « la France doit garder la souveraineté de ses données scolaires » ! Et il le fait, au détriment de toutes les procédures normales, en adressant un message par mél aux cadres académiques en charge du numérique et des systèmes d’information.

Les organisations signataires jugent inacceptables que les grandes multinationales du numérique puissent puiser à leur guise dans les données personnelles des élèves et des enseignants.

Elles s’inquiètent qu’une telle décision aussi lourde de conséquences pour les personnes et la souveraineté des données puisse être prise par simple mél. Elles dénoncent cette tentative de passage en force contraire à l’État de droit et saisiront la CNIL et la Direction des affaires juridiques du ministère sur cette question. Elles demandent au nouveau Ministre de l’éducation nationale de clarifier rapidement sa position sur cette question. Elles demandent également l’ouverture au plus vite d’une concertation sur le droit du numérique à l’Ecole.

La CGT EDU’CATION, le SNES-FSU,

 
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